accueil > les saints du diocèse
 
  Art et culture  
 

>> La cathédrale Mende

>> L'orgue de la cathédrale de Mende

 

La cathédrale de Mende


L'Église du Gévaudan est ancienne : en 314 Génialis la représentait au Concile d'Arles ;
les voies romaines d'Agrippa et de la Regordane, ont servi nos premiers évangélisateurs. La tradition populaire nous renseigne sur certains d'entre eux.
Les « Actes » de Saint Firmin sont peu connus. Les anciens calendriers et livres liturgiques, en font mention de son culte au 14 janvier. L'évêque Saint Firmin serait mort en 402 à Banassac, localité célèbre par ses ateliers de céramiques et de monnaies.
La restauration de l'église de Banassac en 1956, a permis de découvrir « l'enfeu » de S. Firmin; c'est au dessous de cet arc trilobé qu'aurait été déposé son corps.

 

 

 

 

 

 

 

L'édifice

Longueur : 67 m Largeur totale : 29 m Hauteur des voûtes : 25 m
Aujourd'hui l'ensemble compte : 12 chapelles rectangulaires, 2 chapelles absidiales les plus grandes celle de Notre Dame et de Saint Privat, une sacristie, deux portails Nord et Sud, un grand porche.
La neuvième travée de la nef reçoit les deux clochers situés en façade de l'édifice : le grand clocher culminant à 84 m de hauteur et le petit clocher haut de ses 65 m.

Son histoire

951 est la date souvent avancée comme celle de la constitution de l'évêché de Mende. Avant celle-ci, une église devait s'élever, suivant la coutume, au-dessus de la crypte de Saint Privat pour glorifier ce martyre qui suscita de nombreux pèlerinage dans la ville de Mende.

En 1163 elle aurait reçu la visite du Pape ALEXANDRE III se rendant au Concile de Tours et en 1188 celle du Pape GELASE de passage à Mende.

1368 URBAIN V ce Pape natif de Grizac en plein pays cévenol, très attaché à son diocèse d'origine, décide de reconstruire et d'agrandir la Cathédrale de Mende suivant l'art gothique.

Le Pape URBAIN V meurt en décembre 1370. Sa mort, les difficultés économiques et les troubles politiques marquent l'arrêt des travaux.

Pendant 60 ans la cathédrale fut réduite à la nef.

1452 les travaux reprirent pour la construction du chœur et s'achevèrent en 1467. le 2 août de cette année l'évêque Guy de la PANOUSE consacra le maître-autel.

1468 Guillaume PAPILLON, verrier de Toulouse, mis en place les vitraux aux fenêtres du chœur.

1487 l'évêque Clément de la ROVERE neveu du Pape JULES II, ajouta deux travées à l'édifice.

1508 le 22 mai son frère et successeur sur le siège de Saint-Privat, François de la ROVERE ne jugeant pas digne de sa cathédrale la tour campanaire et le clocher en charpente qui existaient alors, prit la décision de construire un beau clocher en pierre à ses propres dépens. Les chanoines adoptèrent la proposition et décidèrent eux-mêmes d'en construire un second à leurs frais, le petit.

François de la ROVERE fit placer dans le grand clocher deux bourdons dont l'un s'appelait François connu sous le nom de Marie-Thérèse ''la Non Pareille'' qui pesait 500 quintaux et l'autre Jean environ 400 quintaux.

1579 la nuit de Noël, pendant les guerres de religion, le capitaine Mathieu MERLE, s'empare de la ville. Il entreprendra la démolition de la Cathédrale dont la voûte et la partie Nord s'écrouleront. MERLE épargnera les clochers.

1600 20 ans après, la reconstruction est décidée et pris en charge par le roi HENRI IV. L'entreprise est confiée à Jean DESPEYSSES étant entendu que le travail sera réalisé

''sans façon ni ornements'' pour limiter les frais. 1607 le gros œuvre est terminé.

1608 Pierre LENEVILLE se chargea de construire la rosace sur la face occidentale de l'édifice.

1732 la foudre démolit une des tourelles du grand clocher qui est reconstruite en 1745.

1784 la foudre frappa à nouveau et détruisit le sommet de la grande flèche ; on le rétablit à grands frais (10 000 livres) et on le dota d'un paratonnerre.

1846 Mgr de la BRUINIERE lança une souscription pour l'achat de 9 cloches fondues en Avignon.

La majeure partie de la cathédrale que nous visitons aujourd'hui date du XVII ème siècle.

Au cours du XVIII ème siècle l'édifice ne connu pas de violences particulières ni de travaux importants.

De 1868 à 1906 des campagnes de travaux importants visent essentiellement à l'embellissement de l'édifice. Les architectes s'attachent à redonner une harmonie gothique qui avait fait défaut lors des réparations du XVII ème siècle. On réalise l'aménagement des portails latéraux, la réfection de la voûte du caveau funéraire des évêques, le dallage et la mosaïque du chœur, la construction des verrières des fenêtres de la hautes nef, l'édification du porche occidental et la restauration de la façade avec sa rosace.

Sous l'épiscopat de Mgr. GELY (1906-1929) la flèche du grand clocher fut restaurée.

1935 Mgr. CUSIN bénit solennellement l'ancienne crypte de Saint-Privat

1985 l'intérieur de la cathédrale a été complètement ravalé par la société THOMAN-HANRY.

Les pierres un peu nues et sans sculpture de la Cathédrale Notre Dame et Saint Privat de Mende, demeurent les témoins d'une longue histoire de luttes et de foi. Le visiteur saura apprécier la richesse des vieux souvenirs de son passé et s'il est croyant il y rencontrera le Seigneur dans sa maison.

>> Pour connaître toute l'histoire de la Cathédrale de Mende et admirer toutes ses formes vous pouvez vous procurer le livre d'images et de textes : "Guetteurs du temps", à la paroisse de Mende, 2 Place Chaptal 48000 Mende Prix : 20 € + 2 € pour frais d'expédition.
 
L'orgue de la cathédrale de Mende : un souffle d'histoire

La Cathédrale de Mende, antérieure à celle d'URBAIN V, avait déjà des orgues. En 1381, les Etats Généraux votèrent la somme de 21 florins pour la réparation de cet instrument remplacé par un autre en 1463 dont nous connaissons le facteur Jean AMICI. En 1518, le Chapitre voulut le remplacer par un autre qui s'harmonisait mieux avec l'édifice couronné par ces deux beaux clochers. Payé en écus d'or au facteur RODILLE du diocèse de Viviers, il n'échappa pas au vandalisme de MERLE.

En 1653 Mgr de MARCILLAC (1628-1659) fit commande de nouvelles orgues aux frères EUSTACHE de Marseille pour le prix de 9000 livres. Le buffet de style renaissance des grandes orgues, semblable à celui de Nîmes et de Draguignan, dessiné par Jean TIRAN s'harmonise bien avec le sobre gothique de la pierre.

En 1724, les chanoines les firent réviser par LETOURNEUR pour 5 020 livres et l'orgue eut alors 30 jeux et 4 soufflets. Cette magnifique boîte à musique n'existerait plus sans la vibrante Marseillaise que lui arracha l'organiste SAUVAGE à la Révolution, quand il avait été décidé de mettre au feu ''les boiseries rappelant les anciennes superstitions''.

Une restauration s'imposa en 1824, que le facteur ABBEY, résidant à Paris, fit trainer en longueur. Une autre restauration fut réalisé à la fin du XIXe siècle par la maison Cavaille-Coll. Le 20 décembre 1902, Mgr BOUQUET (1901-1906) en fit l'inauguration solennelle ; l'organiste GIGOUT, titulaire des orgues de Saint-Augustin à Paris, fit entendre aux auditeurs un programme de choix. L'orgue eut alors 35 jeux et 2490 tuyaux ; François COPPEE, ami de Mgr BOUQUET, écrivit le poème commémoratif de circonstance.

Depuis cette date, nos orgues ont été encore révisées en 1953 par la maison PUGET de Toulouse, sous l épiscopat de Mgr PIROLLEY (1951-1957), pour en commémorer le 3ème centenaire (1653-1953). Une autre révision a eu lieu en 1983, Jean Durand-FONTUGNE étant curé de Mende. L'inauguration en fut faite par Mgr MEINDRE (évêque de Mende de 1983 à 1989) à la Toussaint 1987.

Avec leur soufflerie électrique, leurs 42 jeux, leurs 3 claviers et pédalier, ces orgues dont l'ancien Maire de Mende M. René ESTOUP s'est fait l'historien, ont une belle sonorité. Le magnifique buffet, protégé et nettoyé lors du récent ravalement de la Cathédrale, où l'on voit les armoiries de Mgr de MARCILLAC et Mgr BOUQUET, les colonnes de tuyaux, les statues d'évêques qui les surmontent, vraisemblablement Saint-Privat et Saint-Hilaire( celle de la vierge qui les dominait a été enlevé parce qu'elle empêchait de bien voir la rosace), ses anges musiciens, ses guirlandes de fleurs et de feuillage, ses panneaux sculptés de la galerie inférieure, constituent un admirable ensemble, très apprécié des visiteurs.